Vous avez entendu parler des ETF, du MSCI World, du S&P 500 ou encore du PEA mais vous ne savez pas vraiment par où commencer ? Vous êtes loin d’être seul.
Les ETF ont considérablement simplifié l’accès à la Bourse. En quelques clics, il est aujourd’hui possible d’investir dans un fonds qui réplique la performance d’un indice boursier comme le CAC 40, le Nasdaq, le MSCI World et j’en passe. Un investissement mais plusieurs dizaines, centaines, voire milliers d’entreprises.
Mais cette simplicité peut aussi être trompeuse. Quand on débute il ne faut pas simplement se demander « quel ETF acheter ? » mais surtout comprendre pourquoi on l’achète, ce que l’on achète réellement à travers un ETF et dans quel cadre on devrait l’acheter : Quels sont mes projets/objectifs ? C’est quoi exactement un ETF ? Capitalisant ou distribuant ? Physique ou synthétique ? Couvert contre le risque de change ou non ? Actif ou passif ? Un seul ETF suffit-il ? Vaut-il mieux investir 100 € par mois ou attendre d’avoir davantage de capital ? Assurance-vie, PEA ou compte-titres ? Et surtout : que risque-t-on réellement ?
Avec ce guide je reprends tout cela depuis le début. L’objectif n’est pas de vous donner une liste magique d’ETF à acheter mais plutôt de vous donner une méthode pour construire votre première stratégie d’investissement en ETF après vous avoir expliquer ce qu'est réellement un ETF.
Par Elie Di Paolo, Ingénieur patrimonial et Conseiller en Gestion de Patrimoine Indépendant
ETF pour débutant : l’essentiel à retenir
Si vous ne devez retenir que quelques idées avant de poursuivre, retenez celles-ci :
- La plupart des ETF sont des fonds qui cherche à répliquer la performance d’un indice. On parle de trackers car ils suivent la performance d’un indice.
- Acheter un ETF permet généralement d’investir en une seule opération dans un ensemble de titres plutôt que de sélectionner chaque action individuellement.
- Un ETF peut facilite la diversification mais il ne supprime pas le risque de perte.
- Tous les ETF ne se valent pas : certains suivent de grands indices mondiaux, d’autres se concentrent sur un pays, un secteur, une classe d’actifs ou une stratégie particulière.
- On présente souvent les ETF comme des fonds passif car "le seul rôle du gérant de fonds est d’investir dans les entreprises de l’indice" ce qui explique que les frais de gestion d’un ETF sont bien plus faibles que les frais d’un fonds géré activement. En réalité c’est un peu plus complexe car vous verrez qu’en fonction de l’ETF, le rôle du gérant ne se résume pas simplement à investir dans les entreprises de l’indice et qu’il existe également des ETF actifs.
- Avant d’acheter un ETF, il faut regarder l’indice suivi, le niveau de risque, le mode de réplication, l’enveloppe fiscale et j'en passe.
- Pour un investisseur français, la question du PEA, de l’assurance-vie ou du compte-titres est aussi importante que le choix de l’ETF lui-même. Et la réponse n’est pas toujours celle que vous pouvez imaginer.
- Enfin, vos projets, vos objectifs, votre horizon de placement et votre capacité à supporter les baisses de marché doivent passer avant la recherche de performance. Autrement dit : ne commencez pas par chercher “le meilleur ETF”. Commencez par déterminer comment mettre votre argent au service de vos projets et de vos objectifs.
Un ETF, c’est quoi exactement ?
Un ETF expliqué simplement
ETF signifie Exchange Traded Fund. En français, on parle souvent de fonds indiciel coté ou de tracker.
Derrière ces termes qui peuvent paraître complexes se cache en réalité un principe assez simple.
Un ETF cherche à reproduire, le plus fidèlement possible, l’évolution d’un indice de référence comme le CAC 40 ou le Nasdaq 100 par exemple.
Prenons un exemple volontairement simplifié : Imaginez un indice composé de 100 entreprises. Plutôt que d’acheter vous-même les 100 actions une par une, vous pouvez acheter un ETF qui cherche à suivre cet indice. Vous achetez alors une part de l’ETF et, indirectement, vous obtenez une exposition à l’ensemble du panier représenté par l’indice.
Un exemple très concret
Supposons qu’un indice soit composé de :
| Entreprises | Poids dans l'indice |
|---|---|
| Entreprise 1 | 13% |
| Entreprise 2 | 11% |
| Entreprise 3 | 9% |
| Entreprise 4 | 6,5% |
| Entreprise 5 | 5% |
| Entreprise 6 | 4,5% |
| Entreprise 7 | 4,5% |
| Entreprise 8 | 4,5% |
| Entreprise 9 | 4% |
| Entreprise 10 | 1,5% |
| Autres entreprises | 36,5% |
Si vous achetez un ETF qui suit cet indice, vous n’avez pas besoin d’acheter séparément les 10 premières entreprises et toutes les autres. L’ETF s’en charge selon les règles définies par son indice et sa méthode de réplication. Si l’indice progresse, la valeur de l’ETF progressera également. À l’inverse, si l’indice baisse, l’ETF baisse lui aussi, toutes choses égales par ailleurs. Il n’y a donc aucune garantie de capital.
C’est un point essentiel pour un débutant : un ETF n’est pas un livret d’épargne amélioré et ce n’est pas non plus un placement dont la valeur monte mécaniquement avec le temps.
Action, indice, ETF: quelle différence ?
La confusion entre ces trois notions est fréquente.
Une action
Une action représente une fraction du capital d’une entreprise.
Lorsque vous achetez une action d’une entreprise cotée en bourse, votre investissement dépend principalement de l’évolution de cette entreprise et de la perception qu’en a le marché.
Un indice
Un indice est un panier théorique de titres construit selon des règles précises.
Par exemple, un indice peut regrouper des entreprises d’une zone géographique (France, US, Pays émergents etc) ou d’un secteur (Tech, santé, énergie etc).
L’indice sert notamment à mesurer l’évolution d’un marché ou d’un segment de marché.
Un ETF
L’ETF est l’instrument financier que vous pouvez acheter en Bourse pour chercher à reproduire la performance de cet indice.
Comme une action, un ETF est coté en bourse.
Conclusion
On peut donc résumer ainsi :
- Action → Une part d’une entreprise
- Indice → Un ensemble d’actions de plusieurs entreprises
- ETF → Un fonds qui cherche à reproduire la performance d’un indice
Cette distinction devient particulièrement importante lorsque vous commencerez à comparer différents ETF. Deux ETF peuvent tous les deux être présentés comme des "ETF actions”, tout en donnant accès à des marchés très différents.
| Notion | Définition | Exemple ou rôle |
|---|---|---|
| Action | Une fraction du capital d’une entreprise. | Investir dans une entreprise en particulier. |
| Indice | Un ensemble théorique de titres construit selon des règles précises. | Mesurer l’évolution d’un marché ou d’un segment de marché. |
| ETF | Un fonds coté en Bourse qui cherche à reproduire la performance d’un indice. | Investir en une seule opération dans un panier de titres. |
Pourquoi les ETF sont-ils aussi populaires auprès des investisseurs ?
Il y a plusieurs raisons mais la première est qu’ils permettent d’accéder relativement simplement à une exposition diversifiée d’actions.
Imaginez que vous souhaitiez investir dans un grand nombre d’entreprises.
La méthode traditionnelle consisterait à sélectionner vous-même les entreprises, acheter leurs actions et suivre chacune de vos positions.
C’est possible mais c’est chronophage, risqué et cher. Il faut du temps pour analyser chaque entreprise, il ne faut pas se tromper au risque de ne pas avoir sélectionné les « bonnes » entreprises et il faut passer un ordre pour chaque entreprise ce qui représente encore une fois du temps et potentiellement beaucoup de frais de courtage.
Cela demande donc, en plus du temps, des connaissances et une certaine capacité à analyser les sociétés.
Avec un ETF indiciel diversifié, une seule opération peut permettre d’obtenir une exposition à un ensemble de valeurs.
Cela ne rend pas l’investissement sans risque mais cela peut considérablement simplifier la construction d’un portefeuille.
À savoir : Les ETF connaissent un très grand développement ces dernières années car ils permettent d'investir facilement et à moindre coût dans un fonds qui suit un indice, contrairement aux fonds « classiques » (les fonds actifs) qui cherchent à battre un indice de référence et requièrent des frais de gestion souvent important. De plus certaines études (comme l’étude SPIVA) démontrent que, sur le long terme, la grande majorité des fonds d'investissement gérés activement ne parviennent pas à battre leur indice de référence, principalement en raison de leurs frais de gestion. Ainsi, avec un fonds de gestion actif, les investisseurs payent plus de frais pour avoir moins de performances alors qu’à l’inverse, avec un ETF ils payent moins de frais pour avoir plus de performances. Et pourtant, de nombreuses banques et conseillers continuent à proposer massivement des fonds de gestion actifs car ils sont plus rémunérateurs pour eux. Effectivement, les banques et les conseillers qui ne facturent pas d’honoraires de conseils vont souvent avoir du mal à proposer des ETF car ils ne seront pas rémunérés alors q’un fonds de gestion actif rémunère l’intermédiaire qui les proposent.
Les principaux avantages à comprendre
- La simplicité
Vous n’avez pas nécessairement besoin de sélectionner vous-même chaque entreprise.
- Des frais souvent contenus
Les ETF indiciels ont généralement des frais de gestion relativement faibles par rapport à certains fonds gérés activement. Mais il faut également tenir compte des frais liés à votre intermédiaire financier et aux opérations.
- Des fonds négociables
Les ETF cotés peuvent être achetés et vendus pendant les heures de marché, comme d’autres titres cotés.
- La diversification
Un ETF peut donner accès à un grand nombre de titres avec un seul achat. Il existe également des ETF exposés à des zones géographiques, secteurs, obligations, matières premières ou autres indices.
Et c’est justement là que les choses commencent à se compliquer.
En réalité, les ETF appartiennent à une famille d’instruments financier appelée des ETP (Exchange Traded Products ou produits négociés en bourse)
Selon la classes d’actifs, la structure juridique précise change :
- Les ETF (Exchange Traded Funds ou fonds indiciels cotés) : pour les actions et les obligations (fonds qui détiennent réellement ou synthétiquement un panier de titres).
- Les ETC (Exchange Traded Commodities ou matières premières négociées en bourse) : pour les matières premières (or, pétrole, métaux, etc., souvent structurés comme des titres de créance adossés à l'actif).
- Les ETN (Exchange Traded Notes ou obligations négociées en bourse) : souvent utilisés pour les cryptomonnaies (ou les actifs complexes/peu liquides), car ce sont des titres de créance émis par une banque qui répliquent la performance de l'actif. On parle parfois spécifiquement d'ETP crypto.
| Produit | Signification | Classes d'actifs |
|---|---|---|
| ETF | Exchange Traded Fund | Actions et obligations |
| ETC | Exchange Traded Commodity | Matières premières : or, pétrole, métaux, etc. |
| ETN | Exchange Traded Note | Cryptomonnaies ou actifs complexes |
Mais vous vous demanderez surement pourquoi un "ETF obligation" reste un ETF et ne devient pas un ETN (obligations négociées en bourse) ?
- Un ETF (Fund) est un fonds d'investissement : Quand vous achetez un ETF obligations, vous achetez une part d'un fonds de placement. Ce fonds possède réellement un panier de milliers de vraies obligations physiques (sauf pour les ETF synthétiques qui ne détiennent pas directement les obligations). Si l'émetteur de l'ETF (comme iShares ou Amundi) fait faillite, l'argent des investisseurs est protégé car les obligations appartiennent au fonds, pas à la banque.
- Un ETN (Note) est une obligation en soi : Le mot Note en anglais signifie titre de créance (une dette). Un ETN ne possède rien. C'est une promesse écrite par une institution financière (généralement une banque) de vous verser la performance d'un actif (comme le Bitcoin par exemple). Si la banque qui a émis l'ETN fait faillite, vous risquez de perdre la totalité de votre argent car vous étiez simplement son créancier.
En résumé : L'ETF obligations est un fonds qui détient des dettes d'États ou d'entreprises. L'ETN est une dette directe que vous contractez auprès d’une banque pour investir sur un actif « complexe ».
Tous les ETF (et plus globalement les ETP) ne sont donc pas simple à comprendre. Certains ETF sont relativement simples à comprendre : ils suivent un grand indice composé de nombreuses entreprises. D’autres peuvent être beaucoup plus spécialisés. Vous pouvez par exemple rencontrer des ETF :
- concentrés sur une seule zone géographique,
- consacrés à un secteur particulier,
- exposés aux obligations,
- centrés sur les petites capitalisations,
- utilisant des stratégies particulières,
- ou encore conçus avec un effet de levier.
Pour un débutant, cette diversité peut rapidement devenir un piège.
Un ETF coté en Bourse n’est donc pas automatiquement un produit simple, ni un produit adapté à votre situation.
De plus, plusieurs critères doivent être observé pour analyser et sélectionner un ETF notamment :
- La qualité de l’émetteur,
- La qualité de l’indice,
- La méthode de réplication,
- La qualité de réplication (tracking error),
- La couverture contre l’évolution des devises,
- Le mode de gestion des dividendes,
- L’ancienneté du fonds,
- La taille du fonds,
- Les frais de gestion,
- La disponibilité chez votre courtier,
- Et selon votre situation, le prix de la part, l’éligibilité au PEA ou encore les critères ESG.
L’Autorité des marchés financiers recommande de comprendre l’indice de référence, les risques, les frais et les caractéristiques du produit avant d’investir. Le Document d’Informations Clés (DIC) constitue l’un des documents essentiels à consulter.
La bonne question n’est pas : “Quel ETF acheter ?”
C’est plutôt : « Comment élaborer une stratégie adaptée à ma situation globale ? »
Prenons deux investisseurs :
Le premier a 35 ans, est marié et a un enfant. Il gagne 3 500€/mois et après avoir payé ses dépenses obligatoires et volontaires, il parvient à épargner 1 000€/mois. Il est propriétaire à crédit d’une résidence principale et d’un bien locatif et à accumulé un un peu plus de 150K€ de patrimoine financier reparti sur plusieurs livrets et quelques assurances-vie. Il souhaite faire travailler son argent et il a plusieurs projets : préparer l’avenir financier de son enfant, avoir un deuxième enfant, se marier et préparer la retraite car il entend partout que le système actuel est en danger.
Le second a lui aussi 35 ans mais il est célibataire sans enfant. Il gagne 2 000€/mois et après avoir payé ses dépenses obligatoires et volontaires, il parvient à épargner 500€/mois. Il est locataire et à accumulé un un peu plus de 60K€ de patrimoine financier reparti sur plusieurs livrets et quelques assurances-vie. Il souhaite faire travailler son argent et il a plusieurs projets : faire un gros voyage chaque année pour découvrir le monde, acheter un bien pour le mettre en location, préparer la retraite car lui aussi il entend partout que le système actuel est en danger.
Ils ont tous les deux entendu parler des ETF et ont consommé plusieurs contenues sur internet : articles, podcast, vidéo youtube et j’en passe.
Après s’être bien renseigné ils ont leurs convictions et pense avoir élaborer une stratégie :
Le premier pense « les américains ne domineront pas toujours le monde, je veux diversifier mes investissements et investir dans un ETF MSCI World pour m’exposer aux grandes entreprises mondiales »
Le second pense « le secteur technologique américain va fortement progresser et continuer à battre des record dans les prochaines années, je veux investir principalement sur la tech en achetant un ETF Nasdaq ».
Ils pensent avoir une stratégie alors que pour le moment, ils ont juste choisi une classe d’actif et un indice. C’est seulement après une analyse complète qu’ils devront choisir une enveloppe d’investissement (CTO, PEA, Assurance-vie, PER etc) ainsi que le ou leurs ETF.
| Caractéristiques | Investisseur 1 | Investisseur 2 |
|---|---|---|
| Âge | 35 ans | 35 ans |
| Situation familiale | Marié, un enfant | Célibataire, sans enfant |
| Revenus mensuels | 3 500 € | 2 000 € |
| Épargne mensuelle | 1 000 € | 500 € |
| Patrimoine immobilier | Résidence principale à crédit et bien locatif | Locataire |
| Patrimoine financier | Un peu plus de 150 000 € | Un peu plus de 60 000 € |
| Projets principaux | Avenir financier de son enfant, deuxième enfant, mariage et retraite | Voyages, investissement locatif et retraite |
| Première idée d’investissement | ETF MSCI World | ETF Nasdaq |
| Enjeu principal | Développer et Organiser | Construire et Développer |
| Enveloppes à envisager | Livrets pour la précaution et les projets à court terme + CTO pour préparer l'avenir financier de son enfant (voir mon article à ce sujet) + PEA pour capitaliser et créer des revenus complémentaires + Assurance-vie pour anticiper la transmission + PER (en fonction de la TMI actuelle et future) | Livrets pour la précaution et les projets à court terme (voyages et projet immo) + PEA pour capitaliser et créer des revenus complémentaires |
Ils n’ont pas la même situation et ne recherchent absolument pas la même chose. Ainsi leur stratégie sera totalement différente non seulement sur le choix de l’ETF qui dépend de leur conviction mais aussi sur le choix des classes d’actifs, de l’enveloppe (ou des enveloppes), du montant à investir initialement et tous les mois, de la répartition de leur patrimoine etc. Car derrière leurs convictions se cache en réalité des projets biens précis et une situation complètement différente qui dois guider leurs choix sur l’aspect juridique, économique, financier et fiscal.
C’est pourquoi ils ne doivent pas se précipiter et suivre une méthode.
Mon avis d’expert : Dans cet article je vous présente une méthode pour sélectionner un ou des ETF mais selon moi, une stratégie ne consiste pas seulement à sélectionner un ou des ETF, il faut avoir une vision bien plus large et analyser sa situation globale : familiale, matrimoniale, professionnelle, budgétaire, patrimoniale, fiscale, sociale et successorale. C’est seulement après avoir analyser tous ces sujets qu’ils seront en mesure de faire les bons choix et qu’une stratégie réellement adaptée pourra voir le jour. À leur place je déciderai soit de me former d’avantage, soit de me faire accompagner à travers des séances de coaching ou un conseiller indépendant car ils sont en train de faire l’erreur que la plupart des nouveaux investisseurs font : ils pensent ETF et enveloppes alors qu’ils devraient penser projets et objectifs. L’argent n’est qu’un outil destiné à réaliser des projets et atteindre des objectifs. Choisir un ETF et une enveloppe pour des questions de frais et de rendement n’est pas une stratégie qui s’adapte à tous les profils.
Pour aider un maximum de personnes à reprendre le contrôle de leurs finance et à gérer correctement leur patrimoine, je propose 2 solutions :
- Di Patrimonio Conseils : Un cabinet de conseils en gestion de patrimoine que j’ai fondé pour accompagner les personnes qui ont plus de 100K€ à investir et qui souhaitent qu’un expert élabore une stratégie pour eux car il manque soit de temps, soit de connaissances, de compétences ou d’expériences.
- Liba : Une plateforme gratuite pour aider les personnes qui ont moins de 100K€ à gérer leur patrimoine en autonomie mais aussi des séances de coaching payantes pour les aider à acquérir suffisamment de connaissances et de compétences pour devenir leur propre conseiller afin de construire et développer leur patrimoine en autonomie mais avec l’aide et le soutien d’un expert.
Vous pouvez tout simplement continuer à parcourir mes articles pour vous former et utiliser gratuitement la plateforme LIBA afin de gérer votre patrimoine en autonomie, ou prendre rendez-vous avec moi en choisissant la solution qui vous convient grâce à l’onglet accompagnement de mon site internet. Le premier rendez-vous d’une heure est offert et destiné à vous présenter mes accompagnements et déterminer quelle est la solution qui me paraît être la plus adaptée à votre situation.
La méthode pour bien choisir ses ETF
Sachez qu’il existe environ 8 000 ETF dans le monde dont environ 3 000 qui respectent la norme UCITS (un agrément qui permet de commercialiser des fonds en Europe). Vous comprenez donc qu’il est important de savoir faire le tri entre les « bons » et « mauvais » ETF, ou tout du moins, ceux qui répondent à vos objectifs et respectent vos convictions. Vous devez éviter de choisir un ETF simplement parce qu’il est populaire, parce qu’un influenceur en parle ou parce que son rendement passé paraît impressionnant. Vous devez plutôt comprendre son fonctionnement et savoir quel rôle cet ETF va jouer dans votre stratégie globale.
À savoir : UCITS signifie « Undertakings for Collective Investment in Transferable Securities », qui se traduit en français par « Organisme de Placement Collectif en Valeurs Mobilières » (OPCVM). C’est un agrément que les fonds d’investissement doivent obligatoirement obtenir avant de pouvoir être commercialisés aux investisseurs européen. C’est une directive (un ensemble de règles) de l'Union européenne qui encadre la création et la commercialisation des fonds d'investissement en imposant des règles strictes sur la transparence des informations, la liquidité des actifs et la diversification des risques. Cette directive permet d’organiser la collecte de l’épargne du public et de protéger les investisseurs. Dans l’Union Européenne, il est illégal de proposer des fonds d’investissement aux particuliers sans avoir obtenu au préalable l’agrément UCITS. Vous trouverez donc systématiquement l’acronyme UCITS dans le nom ou la documentation des fonds d’investissement sur lesquels vous pouvez investir en Europe.
Maintenant que vous comprenez ce qu’est un ETF et l’intérêt de les utiliser pour investir, je vais vous expliquer comment choisir vos ETF à travers ce que je considère comme les 10 principaux critères à observer (+ 3 bonus à adapter selon votre situation et vos objectifs).
La liste des critères à observer :
- La qualité de l’émetteur,
- La qualité de l’indice,
- La méthode de réplication,
- La qualité de réplication (tracking error),
- La couverture contre l’évolution des devises,
- Le mode de gestion des dividendes,
- L’ancienneté du fonds,
- La taille du fonds,
- Les frais de gestion,
- La disponibilité chez votre courtier,
Bonus complémentaire à adapter selon votre situation et vos objectifs :
- Bonus N°1 : Le prix de la part,
- Bonus N°2 : L’éligibilité au PEA,
- Bonus N°3 : Les critères ESG (Environnementaux, Sociaux ou de Gouvernance), les labels (ISR, Greenfin, finansol, Towards Sustainability) et les fonds PAB (Paris-Aligned Benchmarks).
1er critère : La qualité de l’émetteur
L’émetteur est la société de gestion qui crée et gère l’ETF.
Parmi les acteurs les plus connus, on retrouve notamment Amundi, iShares (BlackRock), BNP Paribas Asset Management, Xtrackers (DWS) et j’en passe.
Attention toutefois : Un émetteur réputé ne garantit ni la performance de l’ETF ni l’absence de risque. La qualité de l’émetteur constitue avant tout un élément de confiance et de vigilance parmi les autres critères de sélection. Il est important de vérifier le cadre juridique du fonds, notamment les informations relatives à sa conservation et à sa structure.
Pour ce 1er critère, je privilégie et je préconise des sociétés de gestion reconnues, disposant d’une expérience significative dans la gestion de fonds et d’une organisation solide.
2ème critère : La qualité de l’indice
L’indice est l’élément central à analyser puisque c’est lui que l’ETF cherche à répliquer. Deux ETF peuvent avoir des noms similaires tout en suivant des indices dont la composition et les règles de fonctionnement sont très différentes.
Vous devez donc comprendre ce que contient l’indice : Quelles entreprises ou quels actifs sont représentés ? ; quelles zones géographiques sont couvertes ? ; quels secteurs sont privilégiés et comment les titres sont sélectionnés et pondérés ?
Par exemple, un ETF MSCI World permet de s’exposer à des entreprises de plusieurs pays développés mais il reste fortement exposé aux actions américaines. À l’inverse, un ETF Nasdaq-100 concentre davantage l’investissement sur les grandes entreprises non financières cotées au Nasdaq avec une place importante accordée aux valeurs technologiques.
Il faut toutefois comprendre que la forte exposition aux États-Unis d’un ETF MSCI World n’est pas nécessairement figée dans le temps. Un indice comme le MSCI World bénéficie d’un mécanisme que l’on qualifie de « effet auto-nettoyant ».
Concrètement, le MSCI World est un indice pondéré en fonction de la capitalisation boursière flottante des entreprises qui le composent. Cela signifie que le poids de chaque entreprise dépend principalement de sa valeur en Bourse (Capitalisation boursière = Nombre d’actions en circulation x Prix d’une action). Ainsi, si les entreprises américaines continuent de progresser davantage que celles des autres pays, leur poids dans l’indice augmente mécaniquement. À l’inverse, si elles sous-performent durablement les entreprises des autres pays, leur poids relatif diminue. Par ailleurs, l'indice est régulièrement rééquilibré et sa composition est revue selon les règles de sélection de MSCI : les entreprises qui ne répondent plus aux critères peuvent en sortir, tandis que de nouvelles entreprises peuvent y entrer.
C’est ce mécanisme qui explique l’effet auto-nettoyant : l’investisseur n’a pas besoin de déterminer à l’avance quelles entreprises ou quels pays domineront l’économie de demain. L’indice s’adapte progressivement à l’évolution de la capitalisation des entreprises et des marchés.
Si par exemple, à l’avenir, les entreprises américaines perdaient de leur poids relatif au profit des entreprises européennes, leur représentation dans le MSCI World pourrait alors diminuer en conséquence.
Cet effet permet donc de limiter, en partie, le risque de rester durablement surexposé aux entreprises ou aux marchés qui dominent aujourd’hui. Il ne garantit cependant pas une diversification géographique optimale : le MSCI World reste concentré sur les pays développés et peut conserver une forte pondération américaine tant que les entreprises américaines représentent une part importante de la capitalisation boursière mondiale concernée.
Un indice composé de nombreuses entreprises n’est donc pas nécessairement bien diversifié si une grande partie de sa performance dépend d’une zone géographique, d’un seul secteur ou de quelques sociétés.
Le bon indice est avant tout celui qui correspond à votre stratégie, à vos convictions et au niveau de diversification que vous recherchez.
Attention toutefois : Un ETF qui suit un indice mondial vous permettra de capter la performance des marchés actions du monde entier (selon l’indice sélectionné). C’est très bien pour commencer mais si vous souhaitez obtenir des risques et des performances plus importantes, il faudra envisager une sélection plus stratégique de vos investissements.
Pour ce 2ème critère, je diversifie moi-même mes investissements et j’élabore des stratégies qui tiennent compte du niveau de valorisation des marchés et du contexte macroéconomique. Toutefois, pour débuter et avant d’avoir acquis les connaissances, les compétences et l’expérience nécessaires pour construire une stratégie personnalisée, je vous recommande de privilégier un ETF qui suit un indice mondial pour ne pas avoir à gérer vous-même la diversification géographique de vos investissements actions. Cela vous permettra de profiter de l’effet auto nettoyant et de bénéficier d’une diversification géographique automatique.
3ème critère : La méthode de réplication
La méthode de réplication correspond à la manière dont l’ETF cherche à reproduire la performance de son indice. Il existe principalement deux méthodes : la réplication physique et la réplication synthétique.
- La réplication physique consiste à acheter directement les titres composant l’indice. L’ETF peut détenir l’ensemble des titres dans les mêmes proportions que l’indice : on parle alors de réplication physique complète. Il peut également n’en détenir qu’un échantillon représentatif lorsque l’indice comprend un très grand nombre de titres ou que certains sont difficiles à acheter.
- La réplication synthétique repose sur l’utilisation d’un contrat financier, généralement un swap, conclu avec une contrepartie. L’ETF détient un portefeuille de titres mais c’est ce contrat qui lui permet de recevoir la performance de l’indice de référence. Cette méthode introduit notamment un risque de contrepartie plus important encadré par la réglementation applicable aux fonds concernés.
| Critère | Réplication physique | Réplication synthétique |
|---|---|---|
| Fonctionnement | L’ETF achète directement les titres de l’indice, en totalité ou par échantillonnage. | L’ETF utilise généralement un contrat financier appelé swap pour obtenir la performance de l’indice. |
| Détention des titres | L’ETF détient directement tout ou partie des titres de référence. | L’ETF détient un portefeuille de titres mais c'est le swap qui lui permet de reproduire la performance de l’indice ciblé. |
| Risques | Risque de réplication mais aussi risque de marché, de change, de liquidité etc | Risque de contrepartie lié au contrat financier en plus de tous les autres. |
| Intérêt | Accéder indirectement aux titres de l’indice. | Faciliter l’accès à certains marchés et permettre notamment de proposer des ETF éligibles au PEA sur des indices étrangers. |
Aucune de ces deux méthodes n’est systématiquement supérieure à l’autre. La réplication physique permet de détenir indirectement les titres de l’indice, tandis que la réplication synthétique peut faciliter l’accès à certains marchés ou permettre de proposer des ETF éligibles au PEA qui suivent des indices étrangers.
Le choix dépend donc de l’indice suivi, de la structure du fonds, des risques associés et de votre enveloppe d’investissement. Il est important de comprendre le fonctionnement de l’ETF et de la méthode de réplication plutôt que de considérer automatiquement une méthode comme meilleure que l’autre.
Pour ce 3ème critère, je vous préconise de privilégier la réplication physique lorsque vous investissez en dehors d’un PEA car cela diminue le risque de contrepartie. En revanche si vous souhaitez diversifier géographiquement vos investissements tout en bénéficiant des avantages fiscaux du PEA, vous serez donc obligé d’utiliser des ETF synthétiques et d’accepter ce risque de contrepartie. Je privilégie moi-même les ETF synthétiques sur PEA et les ETF Physique en dehors du PEA lorsque c’est possible.
4ème critère : La qualité de réplication (tracking difference et tracking error)
L'objectif d'un ETF est simple : copier le plus fidèlement possible la performance de son indice de référence.
Pourtant, dans la réalité, un ETF n'affiche jamais exactement le même rendement que son indice. Ces écarts s'expliquent par les frais de gestion, la fiscalité, le traitement des dividendes ou encore la méthode de réplication (physique ou synthétique).
Pour juger de la qualité d'un ETF, deux indicateurs complémentaires doivent être analysés : la tracking difference et la tracking error.
- La tracking difference (ou différence de performance) mesure le résultat final. C'est l'écart net de rendement entre l'ETF et son indice sur une période donnée (un an, cinq ans, etc.). En raison des frais de gestion, cette différence est généralement négative, même si des optimisations fiscales ou le prêt de titres permettent parfois à d'excellents ETF de surperformer leur indice.
- La tracking error (ou erreur de suivi), quant à elle, mesure la régularité du parcours. C'est un indicateur statistique (l'écart-type) qui évalue la volatilité des écarts de rendement au jour le jour. Une tracking error faible signifie que l'ETF colle à son indice de manière stable et prévisible au quotidien. À l'inverse, une tracking error élevée traduit un comportement chaotique, avec de fortes embardées journalières.
| Indicateur | Ce qu’il mesure | Comment l’interpréter |
|---|---|---|
| Tracking difference | L’écart de performance entre l’ETF et son indice sur une période donnée. | Elle permet d’évaluer la performance obtenue par rapport à celle de l’indice, notamment après frais. |
| Tracking error | La variabilité des écarts de rendement entre l’ETF et son indice. | Une valeur faible indique généralement que l’ETF suit son indice de manière plus régulière. |
Attention au piège : un ETF peut très bien afficher une tracking error proche de zéro (un parcours très régulier) tout en sous-performant l'indice à cause des frais. C'est pourquoi la régularité ne fait pas tout.
Pour ce 4ème critère, je vous préconise de privilégier les fonds qui combinent une tracking difference minimale (pour maximiser votre gain final) et une tracking error limitée (pour garantir la fiabilité de la réplication). Lorsque vous comparez plusieurs ETF qui suivent le même indice, ne vous focalisez pas uniquement sur les frais théoriques (TER). Examinez leur historique de réplication sur des périodes longues et identiques. Personnellement, lorsque plusieurs ETF suivent le même indice, je compare, pour moi et mes clients, leurs écarts de performance entre eux et par rapport à cet indice sur une période suffisamment longue afin d’identifier ceux qui remplissent le mieux leur objectif de réplication. Je privilégie donc les ETF qui présentent un bon historique de réplication, tout en tenant compte des frais et des autres caractéristiques du fonds.
5ème critère : La couverture contre l’évolution des devises
Lorsque vous investissez dans un ETF exposé à des actifs libellés en devises étrangères comme le dollar américain, vous êtes susceptible de subir un risque de change. La performance de votre investissement en euros dépend alors à la fois de l’évolution des actifs détenus et de celle des devises concernées.
Certains ETF proposent une couverture contre le risque de change, généralement identifiée par la mention Hedged dans leur nom. Cette couverture vise à réduire l’incidence des variations de change sur la performance de l’investissement exprimée dans la devise de référence, par exemple l’euro.
Prenons un exemple simplifié : si les actions américaines progressent de 10 % en dollars mais que le dollar perd de la valeur face à l’euro, votre performance en euros sera inférieure à 10 %, avant prise en compte des frais et des autres effets. Un ETF couvert contre le risque de change cherchera à limiter cet effet.
La couverture n’est toutefois ni parfaite ni gratuite : elle entraîne des coûts et peut générer des écarts de performance. Elle ne supprime pas non plus le risque lié aux marchés financiers.
Faut-il donc choisir un ETF couvert contre le risque de change ? Cela dépend notamment de votre horizon de placement, de votre sensibilité aux variations des devises et de votre stratégie. Pour un investissement en actions à long terme, certains investisseurs acceptent cette exposition au change, tandis que d’autres préfèrent la limiter.
| ETF non couvert contre le risque de change | ETF couvert contre le risque de change |
|---|---|
| La performance en euros dépend aussi des variations de change. | La couverture cherche à réduire l’incidence des variations de change. |
| L’investisseur accepte l’exposition aux devises étrangères. | L’investisseur cherche à limiter cette exposition, sans toutefois la supprimer totalement. |
Pour ce 5ème critère, je préconise généralement de privilégier les ETF qui ne sont pas couverts contre le risque de change, notamment pour un investissement en actions à long terme. En effet, la couverture entraîne des coûts et ne garantit pas une meilleure performance sur la durée. Je privilégie moi-même généralement les ETF non couverts car je considère que les variations des devises font partie des risques liés à un investissement international. Toutefois, ce choix doit s’adapter à votre horizon de placement, à vos objectifs et à votre sensibilité aux fluctuations des devises. Pour certains profils ou certaines stratégies, un ETF couvert peut donc rester pertinent.
6ème critère : Le mode de gestion des dividendes
Lorsque les entreprises détenues par un ETF versent des dividendes, ceux-ci peuvent être distribués aux investisseurs ou réinvestis dans le fonds. On distingue ainsi deux grandes catégories d’ETF : les ETF distribuants et les ETF capitalisants.
Un ETF distribuant, généralement identifié par la mention Distributing ou Dist, reverse périodiquement les dividendes aux investisseurs. Cette solution peut convenir aux personnes qui souhaitent percevoir des revenus complémentaires sans avoir à vendre une partie de leurs parts.
Un ETF capitalisant, généralement identifié par la mention Accumulating ou Acc, réinvestit les dividendes au sein du fonds. Les revenus ne sont donc pas versés directement sur votre compte : ils contribuent à la valeur de votre investissement et accentue l’effet capitalisant sur le long terme (intérêts composés).
| Critère | ETF capitalisant (Acc) | ETF distribuant (Dist) |
|---|---|---|
| Traitement des dividendes | Les dividendes sont réinvestis dans le fonds. | Les dividendes sont reversés aux investisseurs. |
| Revenus | Non. | Oui, selon la périodicité de distribution. |
| Utilisation possible | Constituer et valoriser un capital sur plusieurs années. | Percevoir des revenus complémentaires. |
| Gestion au quotidien | Le réinvestissement est automatique. | L’investisseur peut avoir à réinvestir les sommes perçues s’il souhaite continuer à les faire fructifier. |
Le choix dépend de vos objectifs :
- Si vous recherchez des revenus réguliers, un ETF distribuant peut avoir du sens.
- Si vous souhaitez vous constituer un capital sur plusieurs années, un ETF capitalisant permet de réinvestir automatiquement les revenus.
Il faut également tenir compte de l’enveloppe fiscale utilisée car les conséquences fiscales des distributions et des réinvestissements varient selon que vous investissez via un PEA, un CTO ou une assurance-vie.
Enfin, un ETF capitalisant ne garantit pas une « meilleure performance » : tout dépend notamment des frais, de l’évolution des actifs et du traitement des dividendes.
Pour ce 6ème critère, je préconise de privilégier les ETF capitalisants. Les dividendes sont automatiquement réinvestis dans le fonds, ce qui permet d’accentuer l’effet positif des intérêts composés. Lorsque mes clients souhaitent percevoir des revenus réguliers, j’étudie la solution la plus adaptée à leur situation fiscale et patrimoniale mais, même pour percevoir des revenus réguliers, il peut être pertinent de privilégier un ETF capitalisant et d’effectuer des rachats partiels lorsque des revenus sont nécessaires (plus de souplesse dans la gestion des retraits). Ce choix dépend toutefois, des objectifs, de l’enveloppe utilisée et de la fiscalité applicable. Personnellement, je privilégie systématiquement les ETF capitalisant pour mes investissements.
7ème critère : L’ancienneté du fonds
L’ancienneté d’un ETF est un indicateur intéressant à prendre en compte lors de votre sélection. Un fonds qui existe depuis plusieurs années dispose d’un historique de performance plus long ce qui permet notamment d’observer sa capacité à répliquer son indice dans différentes conditions de marché. Cet historique peut également vous aider à examiner l’évolution des frais, la stabilité de la stratégie et les éventuels écarts de performance par rapport à l’indice de référence.
À l’inverse, un ETF récemment créé dispose de moins de recul. Cela ne signifie pas qu’il est de mauvaise qualité mais vous aurez moins de données historiques pour évaluer son fonctionnement.
L’ancienneté ne doit toutefois pas devenir un critère éliminatoire. Un fonds récent peut être tout à fait pertinent si son indice, sa structure, ses frais et sa méthode de réplication répondent à vos besoins. Analyser la qualité de l’émetteur prend tout son sens pour un ETF récent. Il faut donc considérer l’ancienneté comme un élément complémentaire et non comme une garantie de qualité.
Pour ce 7ème critère, je vous préconise de privilégier les ETF qui ont plus de 3 ans d’ancienneté car ils disposent d’un historique suffisamment long pour analyser leur comportement et leur qualité de réplication dans différentes conditions de marché. Cela permet également de prendre davantage de recul sur leur fonctionnement, leurs frais et leur évolution dans le temps. Je privilégie, pour mes clients et pour ma stratégie personnelle, des ETF et des fonds qui ont déjà fait leurs preuves afin de limiter les incertitudes liées à un fonds récemment créé. Toutefois, si un ETF récent présente des caractéristiques particulièrement intéressantes, l’ancienneté ne doit pas constituer un critère éliminatoire.
8ème critère : La taille du fonds
La taille d’un ETF correspond généralement à son encours sous gestion (Assets Under Management), c’est-à-dire à la valeur totale des actifs détenus par le fonds. Cet indicateur permet d’évaluer l’importance du fonds et son développement auprès des investisseurs.
Un ETF disposant d’un encours important peut bénéficier d’économies d’échelle ce qui peut contribuer à améliorer son efficacité et à limiter ses coûts de gestion.
À l’inverse, un ETF qui collecte peu d’actifs peut être moins rentable pour sa société de gestion. Si le fonds ne génère pas suffisamment de revenus pour couvrir ses coûts de fonctionnement, la société de gestion peut décider de le fermer ou de le fusionner avec un autre fonds.
Un encours limité peut donc augmenter le risque de fermeture de l’ETF mais la fermeture d’un ETF n’entraîne toutefois pas automatiquement une perte de capital. En général, le fonds est liquidé et les investisseurs récupèrent la valeur de leurs parts, après prise en compte des éventuels frais et des fluctuations du marché. Cette opération peut néanmoins occasionner des contraintes, notamment si vous devez réinvestir votre argent dans un autre support.
Il est donc intéressant de privilégier les ETF qui disposent d’un encours significatif afin de limiter le risque de fermeture et de favoriser les économies d’échelle.
Un encours supérieur à 500 millions d’euros peut constituer un repère pertinent lors de votre sélection, sans pour autant être une condition indispensable.
Attention toutefois : la taille du fonds ne garantit ni sa qualité, ni sa liquidité, ni sa performance. Un ETF de grande taille peut présenter des caractéristiques moins intéressantes qu’un fonds plus petit. Il est donc important d’analyser son encours en complément des autres critères de sélection, notamment la qualité de réplication, les frais et la stratégie suivie.
Pour ce 8ème critère, je vous préconise de privilégier les ETF qui ont plus de 500 millions d’euros d’encours sous gestion (Assets Under Management) car une taille importante peut non seulement réduire le risque de fermeture du fonds mais aussi lui permettre de bénéficier d’économies d’échelle. Personnellement et pour mes clients, je privilégie donc les fonds qui disposent d’encours significatifs, à condition que les autres critères de sélection soient également satisfaisants. Je recommande généralement de retenir ce seuil comme un repère plutôt que comme une règle absolue. Un ETF plus petit peut rester pertinent si sa stratégie, ses frais et sa qualité de réplication sont intéressants. Il faut également garder à l’esprit qu’un encours élevé ne garantit ni une meilleure liquidité ni une meilleure performance.
9ème critère : Les frais de gestion
Les frais constituent un critère important dans le choix d’un investissement car ils réduisent la performance nette obtenue par l’investisseur. L’un des avantages des ETF indiciels réside justement dans leurs frais généralement contenus par rapport à de nombreux fonds gérés activement.
Par exemple, pour un investissement de 10 000 €, des frais annuels de 1,50 % (fonds de gestion actifs) représentent un coût théorique de 150 € sur une année alors que des frais de 0,20 % (ETF) représentent un coût théorique de 20 €. L’écart peut sembler faible sur une année mais il peut devenir significatif sur plusieurs décennies, notamment en raison de l’effet cumulatif sur le capital investi :
En faisant une simulation hypothétique sur 20 ans et avec un rendement annualisé moyen de 8% brut de frais (MSCI World), ce capital de 10 000€ serait devenu 47 336€ avec un ETF à 0,20% de frais contre 36 492€ avec un fonds de gestion actif à 1,50% de frais soit un manque à gagner énorme de 10 844€ ! Les mêmes performances mais pas les mêmes frais. De plus si le fonds de gestion actif sous performe ne serait-ce que de 0,5% l’ETF alors le manque à gagner sur 20 ans atteint 14 296€. J’en profite pour rappeler que d’après l’étude SPIVA, à long terme les fonds de gestion actifs sous performe les ETF dans 80 à 90% des cas donc le risque est bien réel.
Les frais courants, souvent présentés sous la forme d’un pourcentage annuel dans la documentation du fonds, rémunèrent notamment la gestion et le fonctionnement du fonds. Ils sont généralement prélevés directement sur les actifs du fonds : vous ne recevez donc pas nécessairement une facture distincte mais ces frais sont intégrés dans la performance.
Concernant les ETF, il ne faut pas systématiquement choisir le moins cher. Deux fonds qui suivent le même indice peuvent présenter des différences de réplication, de liquidité ou de structure. L’objectif est de rechercher un bon compromis entre le coût total, la qualité du fonds et son adéquation avec votre stratégie. Attention toutefois : les frais courants ne représentent pas nécessairement le coût total de votre investissement. Vous devez également tenir compte des frais de courtage, de l’écart entre le prix d’achat et le prix de vente (spread), des éventuels frais de change et des autres frais applicables à votre enveloppe ou à votre intermédiaire.
Pour ce 9ème critère, je recommande donc de ne pas utiliser les fonds de gestion actifs mais de ne pas choisir automatiquement l’ETF le moins cher : il faut avant tout tenir compte de la qualité de réplication, de la liquidité, de la structure du fonds et des autres coûts éventuels, comme les frais de courtage ou le spread. À titre personnel, les frais des ETF font partie des derniers critères que j’observe. Je privilégie les ETF à frais contenus uniquement lorsque plusieurs fonds présentent des caractéristiques comparables. Toutefois, je préconise aux investisseurs débutants de se tenir éloigné des fonds de gestion actifs mais aussi des ETF dont les frais de gestion dépassent 0,50 %/an (sauf exceptions) car les frais peuvent réduire la performance nette des investissements et peuvent peser significativement sur le capital à long terme. Des frais supérieurs à 0,50 % peuvent cependant se justifier dans certains cas, selon l’indice suivi et la stratégie recherchée.
10ème critère : La disponibilité chez votre courtier
Un ETF peut être intéressant sur le papier mais encore faut-il pouvoir l’acheter auprès de votre banque, de votre courtier ou dans votre contrat d’investissement.
Tous les intermédiaires ne proposent pas les mêmes ETF. Certains fonds peuvent être disponibles sur un compte-titres ordinaire mais absents d’un PEA ou d’un contrat d’assurance-vie. De même, les ETF accessibles et les conditions d’investissement peuvent varier d’un établissement à l’autre.
Avant de retenir un ETF, vérifiez donc sa disponibilité sur votre enveloppe d’investissement et auprès de votre intermédiaire. Vous pouvez notamment rechercher son code ISIN, son ticker ou son nom, en prenant soin de vérifier qu’il s’agit bien de la part souhaitée.
Pensez également à examiner les conditions d’achat : frais de courtage, montant minimal d’ordre, possibilité d’investir automatiquement chaque mois ou disponibilité de fractions de parts lorsque votre intermédiaire le permet.
Il est parfois préférable de choisir un ETF très proche de celui que vous aviez initialement sélectionné plutôt que de changer de courtier uniquement pour y accéder. La décision doit tenir compte de l’ensemble des frais, des services proposés et de la cohérence avec votre stratégie patrimoniale.
Pour ce 10ème critère, après avoir filtrer les ETF à l’aide des 9 premiers critères, je vous préconise de comparer ceux qui sont disponibles chez votre courtier afin de sélectionner celui qui vous semble le plus pertinent au regard de l’ensemble de ses caractéristiques. Je procède moi-même de cette manière pour moi ou pour mes clients : je définis d’abord les caractéristiques recherchées, puis je compare les ETF accessibles dans l’enveloppe d’investissement retenue. Pour mes clients, je privilégie des ETF qui répondent à leurs objectifs et qui sont disponible dans leur PEA, leur compte-titres ou leur assurance-vie, selon la ou les enveloppes choisies. Il n’est pas forcément nécessaire de changer de courtier pour accéder à un ETF précis : un fonds équivalent, déjà disponible et présentant des caractéristiques similaires, peut constituer une solution plus simple et tout aussi pertinente. Il faut enfin comparer les conditions d’achat et les frais appliqués par l’intermédiaire.
Bonus complémentaire à adapter selon votre situation et vos objectifs
Bonus N°1 : Le prix de la part
Le prix d’une part peut sembler être un critère secondaire mais il peut avoir une importance pratique lorsque vous investissez régulièrement de petites sommes.
Prenons un exemple : vous souhaitez investir 100 € par mois dans un ETF. Si une part coûte 400 €, vous ne pourrez pas acheter une part entière chaque mois, sauf si votre intermédiaire autorise l’achat de fractions de parts. Si une autre part coûte 25 €, vous pourrez en acheter quatre avec cette même somme, avant frais.
Le prix de la part peut donc faciliter la mise en place de versements réguliers et l’investissement de sommes précises, notamment lorsque votre courtier ne permet pas l’achat fractionné.
Il faut cependant bien comprendre qu’un prix de part faible ne signifie pas qu’un ETF est moins cher ou plus intéressant. La valeur d’une part dépend notamment de la manière dont le fonds est constitué et de l’évolution de son actif net. Deux ETF qui suivent le même indice peuvent avoir des prix par part très différents tout en offrant une exposition comparable.
Le prix de la part est donc avant tout un critère pratique et non un indicateur de qualité ou de performance.
Bonus N°2 : L’éligibilité au PEA
Pour un investisseur résident fiscal français, l’éligibilité au Plan d’Épargne en Actions (PEA) peut constituer un critère déterminant dans le choix d’un ETF.
Le PEA bénéficie d’un cadre fiscal spécifique : après cinq ans de détention, les gains retirés ne sont en principe pas soumis à l’impôt sur le revenu mais restent soumis aux prélèvements sociaux, sous réserve des règles et exceptions applicables. En contrepartie, les investissements doivent respecter les conditions légales propres à cette enveloppe.
Le point intéressant est que certains ETF éligibles au PEA permettent de s’exposer à des marchés étrangers, notamment américains ou mondiaux, sans détenir directement l’ensemble des actions concernées. Pour cela, certains ETF utilisent une réplication synthétique (3ème critère), avec un swap permettant de reproduire la performance de l’indice visé tout en respectant les conditions d’éligibilité du PEA.
Un ETF exposé à des entreprises internationales n’est donc pas nécessairement incompatible avec le PEA. Il faut toutefois vérifier son éligibilité effective car tous les ETF ne sont pas admissibles dans cette enveloppe.
Enfin, ne choisissez pas un ETF uniquement parce qu’il est éligible au PEA. Le choix de l’enveloppe doit lui-même s’inscrire dans votre stratégie patrimoniale, en tenant compte de votre horizon de placement, de vos projets, de votre situation fiscale et de vos besoins de liquidité. Un ETF éligible au PEA n’est pas nécessairement plus intéressant dans toutes les situations qu’un ETF comparable détenu sur un compte-titres ordinaire, dans une assurance-vie ou dans un PER.
Bonus N°3 : Les critères ESG, les labels (ISR, Greenfin, finansol, Towards Sustainability)
Avec l’accentuation des problématiques Environnementales, Sociétales et de Gouvernances (ESG), donner du sens à son épargne et ses investissements préoccupent de plus en plus les épargnants et les investisseurs.
Des agences de notation indépendantes ou filiales d'agences de notation de crédit se sont donc spécialisées dans la notation ESG. Elles attribuent ainsi, pour chaque émetteur, un score sur les trois critères d'analyses extra-financière à savoir "E" pour les critères Environnementaux, "S" pour les critères Sociaux ou Sociétaux et "G" pour les critères de Gouvernance. Les produits financiers qui prennent en compte ces dimensions se sont multipliés faisant apparaître des solutions d’investissements plus responsables.
Pour répondre à ces problématiques, en complément de la notation ESG, des labels ont également été créés afin de garantir le respect d’engagements précis :
- ISR (Investissement Socialement Responsable) : Créé par le ministère français de l'Économie et des Finances, ce label d'État est la référence généraliste la plus répandue sur le marché. S'il garantit que le fonds d’investissement intègre de manière systématique et mesurable les critères ESG dans sa gestion, le label a longtemps fait l'objet de vives critiques. À ses début et en raison d'un manque d'exclusions sectorielles strictes, des géants des énergies fossiles comme TotalEnergies pouvaient en effet figurer au portefeuille de fonds certifiés ISR, provoquant des accusations de GreenWashing (pratique marketing par laquelle une entreprise ou une organisation se donne une image trompeuse de responsabilité écologique). Pour y remédier, une refonte majeure entrée en vigueur en 2024 a considérablement renforcé ses exigences. Son nouveau cahier des charges renforcé impose désormais des exclusions sectorielles strictes restaurant ainsi sa crédibilité auprès des épargnants, notamment sur le charbon et les hydrocarbures non conventionnels ainsi que sur les nouveaux projets d'exploration pétrolière et gazière.
- Greenfin : Également créé par l'État français, ce label très exigeant s'impose comme le standard de la finance verte. Il cible exclusivement les fonds thématiques qui financent directement la transition énergétique et écologique. Sa particularité repose sur une politique d'exclusion radicale : les entreprises liées aux énergies fossiles ainsi que le secteur de l'énergie nucléaire sont totalement proscrits de son univers d'investissement.
- Finansol : Pionnier de la finance solidaire créé en 1997, ce label se distingue par son fort impact humain et social. Il certifie les fonds d’investissement et les produits d'épargne qui orientent une part significative de leurs capitaux vers le financement de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS), à l'image du logement social, de l'insertion par l'activité économique ou du soutien aux projets écologiques locaux.
- Towards Sustainability : D'origine belge mais largement déployé à l'échelle européenne, ce label indépendant, dont le nom signifie littéralement « Vers la durabilité », impose l'obligation de poursuivre une stratégie active à impact positif, le tout sous le contrôle annuel d'auditeurs académiques et tiers indépendants. Il est reconnu comme l'un des standards les plus complets et rigoureux. Il s'appuie sur le principe fondamental du « Do no harm » (ne pas nuire) en couplant des exclusions normatives strictes (armes controversées, tabac, énergies fossiles).
- Les indices et fonds PAB (Paris-Aligned Benchmarks) : Contrairement aux labels nationaux, le standard PAB, qui signifie alignés sur l’accord de Paris, est une réglementation européenne stricte issue du Plan d'action pour la finance durable de l'Union européenne. Il désigne des fonds (principalement des ETF climatiques) qui répliquent des indices directement alignés sur les objectifs climatiques de l'Accord de Paris. Pour obtenir cette qualification, le cahier des charges européen impose deux règles mathématiques drastiques : une réduction immédiate de 50 % de l'empreinte carbone par rapport à l'univers d'investissement initial, suivie d'une trajectoire de décarbonation annuelle d'au moins 7 %. De plus, le standard PAB applique des exclusions sectorielles automatiques et très sévères sur l'ensemble de la chaîne de valeur des combustibles fossiles (charbon, pétrole et gaz). C'est une solution de choix pour les investisseurs dont la priorité absolue est la lutte contre le réchauffement climatique.
Si vous êtes sensible aux critères Environnementaux, Sociaux ou de Gouvernance (ESG) et que vous souhaitez élaborer une stratégie d’investissement responsable vous pouvez évidemment intégrer des critères de « durabilité » dans votre méthodologie de sélection d’ETF afin d’intégrer ces convictions et ces préférences à vos investissements. Si vous êtes intéressé pour que j’écrive un article complet et détaillé à ce sujet, vous pouvez m’écrire un message et je prendrai le temps de rédiger un article dédié aux investissements responsables pour vous aider à intégrer ces critères dans vos stratégies d’investissements.
Comment sélectionner concrètement ces fonds ?
Pour donner vie à cette démarche d’investissements responsables, ces certifications sont facilement repérables lors de vos investissements. Vous pouvez utiliser les filtres de recherche de votre banque/courtier ou rechercher directement les logos officiels de ces labels au sein des listes de fonds disponibles sur vos contrats d'assurance-vie, PEA, CTO, PER etc. Par ailleurs, les sites officielles comme le site du label ISR (Liste des fonds labellisés ISR), le site du ministère pour Greenfin (Liste des fonds labellisés Greenfin), l'association FAIR pour Finansol (Liste des fonds labellisés Finansol) ou le moteur de recherche européen de Towards Sustainability (Liste des fonds labellisés Towards Sustainability) mettent à disposition des listes à jour de tous les fonds certifiés. Vous pouvez également consulter les sites officiels des émetteurs (Amundi, BNP Paribas AM, ou encore des sites spécialisés (JustETF, Quantalys, Morningstar).
Enfin, n'hésitez pas à solliciter votre conseiller financier : la réglementation l'oblige désormais à recueillir vos préférences de durabilité pour vous orienter vers des supports adaptés à votre sensibilité. Évidemment, je me tiens également à votre disposition pour vous aider à trouver des solutions adaptées à travers le cabinet Di Patrimonio Conseils que j’ai fondé en 2024.
| Critères ESG, labels et standards de la finance durable | Orientation |
|---|---|
| ESG | L'acronyme ESG n'est pas un label mais une approche financière qui intègre dans la sélection des investissements, en complément des indicateurs économiques classiques, trois dimensions extra-financières : l'environnement, le social et la gouvernance. Une approche ESG ne garantit pas, à elle seule, qu’un fonds soit labellisé ou qu’il réponde à un niveau précis d’exigence. L'étiquette ESG signale simplement que des critères extra-financiers sont pris en compte, sans préciser à quel niveau d'exigence ni avec quelle ambition. |
| ISR | Label français qui signifie "Investissement Socialement Responsable" destiné à identifier des fonds intégrant des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance selon un référentiel défini. |
| Greenfin | Label français orienté vers le financement de la transition énergétique et écologique, avec des exigences spécifiques concernant les activités financées et les exclusions (il exclut totalement les énergies fossiles ainsi que le nucléaire). |
| Finansol | Label visant à identifier des placements contribuant au financement d’activités à utilité sociale ou environnementale. |
| Towards Sustainability | Label belge de finance durable reposant sur des critères de durabilité, des exclusions et des exigences spécifiques applicables aux produits labellisés. |
| PAB | Il ne s’agit pas d’un label de fonds mais d'un standard européen applicable aux indices de référence alignés sur les objectifs climatiques de l’Accord de Paris, notamment avec des exigences de décarbonation. |
L'approche ESG, les labels ou les standards sont complémentaires. Un fonds qui adopte une approche ESG et qui cumule plusieurs labels est un signal de qualité. La présence d’un label ou l’utilisation de critères ESG ne garantit ni la performance financière ni un impact environnemental ou social identique d’un fonds à l’autre. Il est donc important de consulter sa méthodologie et ses principales positions.
Conclusion et résumé de la méthode
Vous détenez désormais les clés pour choisir correctement vos ETF mais n’oubliez pas : L'ETF n'est pas une stratégie, c'est un outil, et c'est précisément ce qui en fait un bon point de départ : il est lisible, peu coûteux, diversifié et comparable.
Mon parti pris est assumé : pour une poche actions de long terme destinée à un épargnant qui débute, la gestion indicielle à frais réduits est, selon moi, le choix le plus rationnel. C'est à la gestion active de démontrer qu'elle mérite son surcoût, pas l'inverse. En revanche, le gain apporté par des frais bas sera perdu si le cadre de détention est mal choisi, si l'allocation ne correspond pas à votre tolérance réelle au risque ou si vous vendez à la première secousse.
Élaborer une bonne stratégie ne consiste pas seulement à sélectionner des ETF mais à prendre en compte votre situation globale afin de construire une stratégie adaptée et personnalisée qui répond à vos objectifs et vous permettra sur le court, moyen et long terme de réaliser vos projets.
Enfin, les ETF ne représente qu’une infime partie des solutions existantes sur le marché et je tiens malgré tout à préciser que tous les fonds de gestion actif ne sont pas mauvais, il existe de très mauvais fonds mais aussi d’excellents fonds. Par ailleurs vous pouvez aussi vous intéresser à d’autres solutions comme les obligations (à travers des ETF ou non), l’immobilier (en direct ou à travers des SCPI), les matières premières (en direct ou à travers des ETC) et j’en passe. Le tout est de construire une stratégie qui s’adapte à votre situation et vous rapproche de vos objectifs.
Résumé de la méthode
| Critère | Question à se poser | Mes recommandations indicatives (à adapter à votre situation globale) |
|---|---|---|
| 1. Qualité de l’émetteur | La société de gestion est-elle reconnue et dispose-t-elle d’une organisation solide ? | Privilégiez des sociétés de gestion reconnues : Amundi, Ishares (BlackRock), BNP Paribas AM, Xtrackers (DWS), Vanguard, State Street |
| 2. Qualité de l’indice | L’indice correspond-il aux marchés, aux actifs et au niveau de diversification recherchés ? | Pour commencer, privilégiez des indices larges et diversifiés comme le MSCI World, le MSCI ACWI ou encore le MSCI ACWI IMI. Pour les investisseurs plus avancés, le S&P500, le Nasdaq 100, le Stoxx Europe 600 et les indices émergents peuvent également être pertinents selon l’exposition recherchée. Pour les investisseurs plus expérimentés, vous pouvez choisir des indices sectoriels, géographiques ou thématiques selon vos convictions personnelles en ayant conscience des risques de concentration. Les ETF actifs comme le MSCI World Momentum ou encore les ETF à effet de levier comme le LQQ (uniquement pour ceux qui acceptent beaucoup de risques et qui ne laissent pas les émotions prendre le dessus) doivent être choisis en connaissance de leurs spécificités et de leurs risques par des investisseurs expérimentés et confirmés. |
| 3. Méthode de réplication | La méthode de réplication est-elle adaptée à l’enveloppe d’investissement choisie et à ma stratégie globale ? | Pour un PEA, étudiez notamment les ETF à réplication synthétique permettant d’accéder à certains indices étrangers tout en vérifiant leur éligibilité et les risques associés. Pour les autres enveloppes, comparez les réplications physiques et synthétiques sans exclure l’une ou l’autre. |
| 4. Qualité de réplication | L’ETF a-t-il réussit à répliquer correctement son indice dans le temps ? | Comparez les performances historiques de l’ETF et de son indice de référence. Examinez notamment la tracking difference et la tracking error à partir des données et documents officiels de la société de gestion. |
| 5. Couverture du risque de change | Est-il pertinent de couvrir les variations des devises compte tenu de mon horizon, des actifs détenus et de ma stratégie ? | Pour un investissement en actions diversifié à long terme, privilégiez une exposition non couverte au risque de change sauf si la situation, les objectifs ou les caractéristiques de l’investissement justifient une couverture. |
| 6. Gestion des dividendes | Est-ce que je recherche la capitalisation ou la distribution des revenus ? | Privilégiez les ETF capitalisants pour la constitution d’un capital à long terme. Étudiez les ETF distribuants uniquement lorsque la perception de revenus répond à un objectif précis. Le choix doit également tenir compte de votre situation fiscale et de l’enveloppe utilisée. |
| 7. Ancienneté du fonds | L’ETF dispose-t-il d’un historique suffisant pour analyser son fonctionnement et sa réplication ? | Privilégiez, lorsque cela est possible, les ETF disposant d’un historique de 3 à 5 ans ou davantage. N'écartez pas systématiquement un fonds récent si ses autres caractéristiques sont satisfaisantes. |
| 8. Taille du fonds | Son encours est-il suffisamment important au regard de mes critères ? | Privilégiez les ETF dont l’encours dépasse 500 millions €, tout en considérant ce montant comme un repère et non comme une règle absolue. Un encours élevé ne garantit ni une meilleure performance ni une meilleure liquidité mais il diminue généralement le risque de voir le fonds être liquidé. |
| 9. Frais de gestion | Les frais sont-ils cohérents avec la stratégie, la structure et la qualité de l’ETF ? | Je considère les frais comme le critère le moins important. Je ne les négliges pas mais c'est seulement après avoir vérifié que les ETF étudiés répondent aux besoins et aux critères essentiels de sélection que je compare les frais de chaque ETF sélectionnés. C'est donc le dernier critère que j'observe et je l'utilise comme un critère de comparaison entre les ETF qu'il reste suite à mes 8 premiers filtres. |
| 10. Disponibilité chez le courtier | L’ETF est-il disponible auprès de mon intermédiaire dans l’enveloppe d’investissement retenue et à des conditions satisfaisantes ? | Déterminez l'enveloppe adaptée dans un premier temps. Si le compte n'est pas encore ouvert, appliquez d’abord les critères pour trouver les fonds et ensuite recherchez le courtier qui les proposent. Si le compte est déjà ouvert alors appliquez les critères sur les fonds disponibles chez le courtier (sauf si il est pertinent d'en changer). |
| Bonus 1. Prix de la part | Le prix de la part facilite-t-il la mise en place de mes versements et de ma stratégie d’investissement ? | Considérez le prix de la part comme un critère pratique, notamment pour les investissements mensuels de petits montants. Vérifiez par ailleurs si le courtier permet l’achat de fractions de parts. N'assimilez pas un prix de part faible à un ETF "moins cher". |
| Bonus 2. Éligibilité au PEA | Le PEA est-il l’enveloppe adaptée à ma stratégie patrimoniale et l’ETF est-il éligible ? | Privilégiez le PEA lorsque cette enveloppe est cohérente avec vos objectifs, votre horizon de placement et votre situation globale. Vérifiez l’éligibilité effective de l’ETF et comparer le PEA aux autres enveloppes envisageables, notamment le compte-titres et l’assurance-vie. |
| Bonus 3. Critères ESG, labels et PAB | Les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance, les labels ou les standards climatiques correspondent-ils à mes convictions et à mes objectifs ? | Lorsque ces critères sont importants pour vous, examinez la méthodologie ESG, les exclusions, la composition du fonds et les caractéristiques du label ou du standard utilisé. Ne vous limitez pas au nom du fonds ou à la présence d’un label. Vérifier que les choix effectués correspondent réellement à vos convictions et à vos objectifs. |
Cet article est fourni à des fins d’information et de pédagogie financière. Il ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé, ni une recommandation d’achat ou de vente d’un instrument financier. Les informations présentées ne tiennent pas nécessairement compte de votre situation personnelle, de vos objectifs, de votre horizon de placement ou de votre tolérance au risque.
Investir comporte des risques, notamment celui de perdre tout ou partie du capital investi. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et aucun rendement n’est garanti. Avant toute décision, il est important d’effectuer vos propres recherches et de vérifier les caractéristiques, les frais et les risques des produits envisagés.
Une décision d’investissement doit être prise au regard de vos objectifs, de votre capacité à supporter les pertes et de votre situation globale. Si vous souhaitez être accompagné, vous devez solliciter un professionnel habilité à fournir les conseils et services concernés. Les compétences et les immatriculations réglementaires peuvent être vérifiées auprès des organismes compétents.
Dans le cadre de mes activités et de mes habilitations, je peux vous accompagner dans l’analyse de votre situation globale et la définition d’une stratégie adaptée. Le présent article ne remplace évidement pas l'accompagnement personnalisé que je propose à travers mon cabinet Di Patrimonio Conseils.
Questions fréquentes (FAQ)
Avec combien peut-on commencer à investir en ETF ?
Vous pouvez commencer avec moins de 10€ grâce à certains ETF. Il n'existe aucun minimum réglementaire : le ticket d'entrée correspond au prix d'une part. Le vrai seuil est économique : si la commission fixe par ordre représente une part importante du montant investi, mieux vaut espacer les versements. Chez certains courtiers ou dans un contrat d'assurance-vie, vous pouvez investir dans des fractions de parts ce qui rend l'investissement encore plus accessible.
Vaut-il mieux ouvrir un PEA, un compte-titres ou une assurance-vie pour investir en ETF ?
Pour une exposition actions de long terme et un investisseur résident fiscal français, le PEA est généralement plus efficace : exonération d'impôt sur le revenu après cinq ans, seul les prélèvements sociaux de 18,6 % sont dus et surtout, les arbitrages internes se font sans frottement fiscal puisque le PEA est une enveloppe capitalisante. Le CTO et l'assurance-vie prennent généralement le relais une fois le plafond de 150 000 € atteint ou pour accéder à des classes d'actifs et/ou des ETF non éligibles au PEA. Mais ce n'est pas une vérité absolue car, encore une fois, cela dépend de votre situation. Par exemple, le CTO sera bien plus efficace pour préparer l'avenir financier de votre enfant (mon article à ce sujet), l'assurance-vie sera très efficace en matière d'anticipation de la transmission et le PEA est l'une des meilleures enveloppes pour capitaliser et créer un revenu complémentaire à long terme. Les 3 enveloppes sont cumulables mais surtout complémentaires car elles ne répondent pas aux même objectifs.
Faut-il investir en une fois ou par versements mensuels ?
Les versements programmés suppriment la question du point d'entrée et installent une discipline d'épargne, ce qui en fait la solution la plus tenable pour un débutant. Pour un capital déjà disponible, l'investissement immédiat a historiquement produit de meilleurs résultats mais l'étalement sur quelques mois reste une précaution psychologique légitime. Le choix dépend davantage de votre tolérance à la volatilité que d'un calcul théorique mais aussi des performances futures que personne ne peut connaitre à l'avance.
Un ETF MSCI World suffit-il à constituer un portefeuille diversifié ?
Il couvre, à la date de rédaction de cet article, environ 1 250 entreprises des pays développés ce qui représente déjà une diversification considérable pour la poche actions. Il reste pondéré par capitalisation boursière, donc fortement exposé aux États-Unis et aux grandes valeurs technologiques et il n'inclut pas les pays émergents. Il ne constitue pas à lui seul une stratégie complète d'investissement : la part d'actions dans l'ensemble et la présence d'actifs non corrélés, relèvent de l'allocation globale.
Quel est le meilleur ETF pour investir en Bourse ?
Il n’existe pas de meilleur ETF dans l’absolu. Un ETF peut être pertinent pour un investisseur et inadapté à un autre selon les marchés auxquels il souhaite s’exposer, son niveau de risque, son horizon de placement et ses objectifs. Avant de rechercher un ETF, il est donc préférable de définir la stratégie d’investissement et l’exposition souhaitées puis de comparer les fonds qui correspondent à ces critères.
Combien de temps faut-il laisser son argent investi en ETF actions ?
Les actions se raisonnent sur un horizon long, généralement au-delà de huit à dix ans car les baisses de marché peuvent durer plusieurs années avant d'être effacées. De l'argent nécessaire à moins de trois ans n'a seulement moi pas sa place sur un ETF actions. L'horizon doit être fixé projet par projet, avant l'investissement, et non ajusté après coup en fonction des marchés.
Peut-on perdre de l’argent en investissant dans un ETF ?
Oui. La valeur d’un ETF évolue en fonction des actifs ou de l’indice qu’il suit. Si ceux-ci baissent, la valeur de l’ETF peut également diminuer. L’investisseur peut perdre une partie importante, voire la totalité, du capital investi selon le produit et les circonstances. La diversification peut contribuer à répartir le risque mais elle ne supprime pas le risque de perte. Avant d’investir, il est donc essentiel de comprendre les caractéristiques du fonds, de définir un horizon adapté et de ne pas investir des sommes dont vous pourriez avoir besoin à court terme.
Un ETF peut-il faire faillite et faire perdre tout le capital ?
Un ETF peut être fermé par sa société de gestion mais sa fermeture n’entraîne pas automatiquement la perte du capital investi. Il faut distinguer la fermeture du fonds, la faillite de la société de gestion et le changement de société de gestion.
En effet, un ETF peut continuer d’exister même si sa gestion est confiée à une autre société. Cela peut notamment se produire lorsqu’une société de gestion cède une gamme de fonds ou lorsqu’un autre acteur reprend la gestion de certains ETF. Un ETF peut également fusionner avec un autre fonds auquel cas les investisseurs peuvent recevoir des parts du fonds qui l’absorbe selon les modalités de l’opération.
En principe, les actifs d’un ETF sont séparés de ceux de sa société de gestion et conservés par un dépositaire. Ainsi, si la société de gestion rencontre des difficultés financières, les actifs du fonds ne sont normalement pas destinés à rembourser ses propres créanciers. Des mécanismes de protection encadrent leur conservation même s’ils ne suppriment pas tous les risques.
Si un ETF est définitivement fermé et liquidé, les investisseurs récupèrent généralement la valeur de leurs parts, déduction faite des éventuels frais et coûts liés à l’opération. Cette somme peut toutefois être inférieure au montant initialement investi si les marchés ont baissé. La fermeture d’un ETF ne garantit donc ni le remboursement du capital investi ni une absence de perte.
Le risque de perte en capital provient principalement de l’évolution des actifs détenus par l’ETF. D’autres risques existent également, notamment les risques opérationnels, juridiques ou, pour certains ETF à réplication synthétique, le risque de contrepartie.
Il est donc important de choisir un ETF en tenant compte de son indice, de sa structure, de sa méthode de réplication et des caractéristiques de sa société de gestion, sans considérer que la réputation de cette dernière garantit l’absence de risque.


